Avec les drones, le journalisme prend son envol

Prendre la bonne photo, au bon moment, au bon endroit, quelles que soient les circonstances, voilà un rêve longtemps caressé par les journalistes, et qui devient aujourd’hui réalité grâce aux drones présentés au CES.

Ces Objets Connectés Volants (OCV) ou « engins ultra légers et radiocommandés » ont la capacité de s’immiscer partout, tout en restant très discrets, presque invisibles. Ils permettent de prendre des images sous un autre angle de vue, offrant de nouvelles perspectives pour une vision plus percutante de l’environnement.

L'AR Drone 2.0 de Parrot au CES 2014Une caméra « volante », légère, malléable et accessible devient de plus en plus incontournable dans le mileu des médias et a réellement de quoi séduire (300 € pour l’AR Drone 2.0 de Parrot). Montée sur un drone, elle peut offrir des prises de vue inédites, avec un rendu d’excellente qualité, grâce à ses capacités HD (Haute Définition).

Jusqu’à présent, seuls les studios de télévision pouvaient se permettre d’offir ces prises de vue, générées avec l’aide d’une grue ou à partir d’un hélicoptère. Grâce à ces drones, on peut maintenant prendre les images d’une ville sinistrée telle que Lourdes (inondations de juin 2013). On peut également survoler librement une manifestation afin de compter  le nombre de participants, mettant ainsi d’accord organisateurs et forces de l’ordre. BFMTV en a fait usage cet été pour filmer les embouteillages de voitures sur les autoroutes des vacances, et France Télévisions s’en est servi pour la retransmission du Tour de France.

« Le drone, c’est 60% de pilotage, 30% de vidéo et 10% de journalisme », rapporte Raphaël Labbé, directeur de l’équipe Innovation du groupe Express Roularta . « Quand ce pourcentage sera inversé, nous pourrons vraiment parler de ‘drone journalisme’ » déclare Eric Mettout, rédacteur en chef du site internet de l’Express (premier média français à avoir pressenti ses atouts).

Nicolas Halftermever, directeur marketing du groupe Parrot, nous donne plus de détails sur ces drôles d’objets volants : « Les AR Drones sont pilotés via un iPhone ou une tablette sur laquelle on peut voir en direct les images tournée par la caméra installée dans le drone. Les photos quant à elles s’enregistrent sur une clé USB. Le drone peut ainsi aller jusqu’à 100 mètres de distance, et voler plusieurs dizaines de minutes…à condition de ne pas être trop chargé ».

La démocratisation des drones rencontre malgré tout quelques contraintes, au niveau réglementaire d’une part (protection des données de la vie privée), ainsi qu’au niveau de la sécurité des personnes, notamment en zone urbaine. Il peut en effet tomber à tout moment si sa batterie s’épuise ou si les conditions météo sont défavorables.

Benjamin Montel, journaliste de l’équipe Innovation de l’Express, se veut optimiste quant à l’avenir des drones et de leur utilisation dans les média : « D’ici deux ou trois ans, on aura bien évolué, le drone sera démocratisé. En 2015, on prévoit que 75% de l’audience des médias seront à base d’images. Le drone a donc toute sa place dans notre quotidien de journalistes« .

En deux ans, Parrot a investi 9 millions d’euros dans les drones professionnels. La société vient en effet d’investir 2,6 millions d’euros dans deux PME spécialisées dans les drones professionnels. Ces investissements portent à cinq le nombre de participations de la société dans ce secteur prometteur, valorisé à 2 milliards de dollars.

Parrot compte désormais « profiter de sa notoriété et de son expertise technologique pour s’étendre sur le marché des drones civils à usages professionnels ». Le spécialiste des technologies sans fil rappelle que les ventes de drones ont généré plus de 40 millions d’euros en 2013, soit 18% du chiffre d’affaires total, dont près de 15% concernent les professionnels (Voir article sur Capital.fr).

Auteur: Denise Bared

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